Mbanza-Ngungu, Kongo Central — L’Université Kongo a officiellement clôturé l’année académique 2025-2026 à Mbanza-Luvaka, dans le territoire de Mbanza-Ngungu. La cérémonie de collation des grades académiques, marquée par la proclamation de plus de 500 lauréats, a également été l’occasion pour les autorités universitaires d’annoncer plusieurs réformes, notamment dans le domaine du numérique et de la formation aux métiers du transport.
La cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs autorités politico-administratives, académiques et professorales, parmi lesquelles le Vice-Premier ministre, ministre de l’Économie nationale et président du conseil d’administration de l’Université Kongo, Daniel Mukoko Samba, le ministre provincial de l’Éducation, Jean Kimboko Ndombasi, l’administrateur du territoire de Mbanza-Ngungu, Willy Makumbani, l’honorable Ephremie Nsumbu ainsi que Pierre Nsumbu Muntu Kalavo, président du caucus des députés nationaux du Kongo Central.
5 989 étudiants, dont 401 internationaux
Au terme de l’année académique 2025-2026, l’Université Kongo comptait 5 989 étudiants, dont 5 588 Congolais de la République démocratique du Congo et 401 étudiants internationaux.
La population estudiantine internationale comprend notamment 260 étudiants originaires du Congo-Brazzaville, 130 du Cameroun, cinq d’Angola, trois du Gabon, deux du Tchad et un du Canada.
Ces chiffres témoignent de l’attractivité de l’établissement au-delà des frontières de la RDC, particulièrement auprès des étudiants d’Afrique centrale.
Selon le rapport général présenté par le secrétaire général académique, le professeur Charles Mbendi, 525 lauréats ont été enregistrés sur 568 candidats dans les programmes concernés par la collation des grades.
Le Master en droit a enregistré 60 lauréats sur 60 candidats, contre 51 sur 51 en économie et gestion, 9 sur 9 en sciences de l’information et de la communication, 19 sur 19 en sciences politiques et administratives, ainsi que 16 sur 16 en agronomie et environnement.
Les résultats sont plus contrastés dans certaines filières techniques : deux candidats sur onze ont été déclarés lauréats en architecture et trois sur quatorze en polytechnique.
En quatrième doctorat de médecine, l’Université Kongo a enregistré 348 lauréats sur 350 candidats, tandis que l’École doctorale compte 17 lauréats sur 38 candidats.
Des ordinateurs et des supports numériques dans les auditoires
Au-delà du bilan académique, la clôture de l’année a permis aux responsables de l’Université Kongo de dévoiler de nouvelles mesures destinées à accélérer la transformation numérique de l’établissement.
Le recteur, le professeur Germain Kuna Maba, a annoncé qu’à partir de la prochaine année académique, les enseignants devront disposer d’un ordinateur portable pour accéder aux auditoires.
L’université entend également généraliser l’utilisation des supports numériques dans les enseignements. Des caméras devraient par ailleurs être installées dans les auditoires afin de renforcer le suivi des cours et des examens.
À travers ces mesures, les autorités académiques veulent moderniser les méthodes d’enseignement et renforcer le recours aux technologies dans le fonctionnement quotidien de l’établissement.
Une nouvelle filière consacrée au transport et à la mobilité
L’Université Kongo prévoit également d’adapter davantage son offre de formation aux besoins de développement de la RDC. Une nouvelle filière consacrée aux sciences du transport, de la mobilité et des voies de communication doit ainsi voir le jour.
Pour le recteur Germain Kuna Maba, cette initiative vise notamment à apporter une réponse académique aux problèmes de sécurité routière et au déficit d’expertise dans le secteur des transports.
Évoquant la Route nationale numéro 1 (RN1), il a indiqué que la Commission nationale de prévention routière (CNPR) y recense plus de 3 000 cas d’accidents.
Face à cette situation, le recteur estime que les réponses ne peuvent pas être uniquement financières. Elles doivent également passer par la formation de spécialistes capables de concevoir, gérer et améliorer les infrastructures et les systèmes de transport.
À travers cette nouvelle filière, mais aussi sa transformation numérique et son ouverture croissante aux étudiants venus d’autres pays, l’Université Kongo affiche ainsi l’ambition de faire de la formation universitaire un véritable levier de développement. Dans un continent où une jeunesse nombreuse cherche à la fois des compétences, des opportunités et les moyens de participer aux transformations de ses sociétés, l’enjeu dépasse la seule délivrance des diplômes.
De Mbanza-Luvaka peut ainsi se dessiner une promesse plus large : celle d’une université africaine capable de former une génération qui ne soit pas seulement préparée à chercher sa place dans le monde professionnel, mais aussi à créer des solutions aux défis de son époque. Pour la jeunesse congolaise et africaine, chaque nouvelle compétence acquise, chaque filière tournée vers les besoins réels de la société et chaque ouverture au savoir constitue une raison de croire que l’avenir du continent peut aussi se construire dans ses propres universités.



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