SONGOLOLO, KONGO CENTRAL — Près de cinq ans après la pose de la première pierre du centre de santé et maternité Simon Kimbangu à Nsangu za Lemba, dans le territoire de Songololo, le projet demeure au cœur des interrogations. Alors que de nouveaux chantiers sont annoncés dans cette partie du Kongo Central, les populations sont appelées à exercer un suivi citoyen pour éviter que les engagements actuels connaissent le sort de certaines promesses du passé.


Le 30 octobre 2021, le Premier ministre Jean-Michel Sama Lukonde lançait à Songololo plusieurs projets dans le cadre du Programme de développement à la base des 145 territoires (PDL-145T). Parmi les infrastructures annoncées figuraient notamment les écoles de Kikaba et Vunzi Landu, un réseau d'approvisionnement en eau potable destiné à plus de 4 000 familles, la réhabilitation de la route Kongo dia Kati–Lovo (52 km) et le centre de santé Simon Kimbangu, doté d'une maternité équipée.

Pourtant, selon des informations recueillies localement par Ngoma Actu, les travaux de construction du centre de santé et maternité Simon Kimbangu n'ont jamais démarré , malgré la cérémonie officielle de pose de la première pierre. Une situation qui soulève des questions sur le financement, l'exécution et le suivi de ce projet destiné à améliorer l'accès aux soins, particulièrement pour les femmes enceintes et les nouveau-nés.

Si certaines réalisations, notamment le bâtiment administratif du territoire, ont vu le jour, d'autres engagements méritent encore des éclaircissements.

Aujourd'hui, Songololo nourrit de nouveaux espoirs avec les projets de construction d'une université publique, d'électrification et de réhabilitation des axes routiers Malanga–Luozi et Kongo dia Kati–Songamani.

Mais comment s'assurer que ces nouveaux investissements ne connaîtront pas le même sort que les projets restés sans suite ?

La réponse passe notamment par une implication accrue des populations dans le suivi des travaux. Les citoyens, les élus, les organisations de la société civile et les médias locaux doivent pouvoir s'informer sur les budgets, les délais d'exécution, les entreprises contractantes et l'évolution des chantiers.

Cette vigilance ne constitue nullement une opposition aux initiatives publiques. Elle représente, au contraire, une contribution à leur réussite et à la redevabilité des institutions.

Le développement ne se mesure pas au nombre de premières pierres posées, mais aux infrastructures effectivement réalisées et mises au service des communautés.

À Songololo, le souvenir du centre de santé Simon Kimbangu devrait servir de leçon : les populations ont le droit de connaître le devenir des projets annoncés en leur faveur et le devoir citoyen de veiller à leur concrétisation.